- Comment en êtes-vous venu à
étudier l'astrologie?
Oscar Quiroga - Je suis entré en
contact avec la connaissance astrologique par la pratique du Suddha Rja Yoga, ce qui en
sanscrit signifie "connaissance synthétique de l'univers". L'astrologie s'est
présentée à moi comme une extension du Yoga, comme un moyen d'obtenir une connaissance
synthétique de l'univers, une branche du savoir où se rencontrent des pistes qui
conduisent à ce voyage interminable qu'est la connaissance de l'univers.
Encore aujourd'hui j'envisage l'astrologie, et aussi le Yoga, comme
des connaissances sacrées étant donné la qualité des voies qu'elles permettent de
suivre. Il est clair que toute l'Astrologie, telle qu'elle est pratiquée dans le monde,
n'est pas sacrée, qu'il existe également une astrologie profane. Mais cela n'a pas de
conséquences sur l'Astrologie en elle-même.
- Cette rencontre s'est-elle produite à une
occasion particulière de votre vie?
Oscar Quiroga - J'ai
commencé à m'intéresser à la connaissance synthétique de l'univers en 1978, après
avoir pratiquement fui mon pays natal, l'Argentine, à la suite des pressions politiques
et sociales de l'époque qui rendaient le quotidien infernal, pour toute personne jeune
comme moi. Je me suis exilé de l'Argentine de ma propre volonté, sans savoir ce que je
ferais de ma vie par la suite. J'ai abandonné une formation presque achevée de
Médecine, et une vie toute tracée.
Aujourd'hui, avec le recul, je me rends compte que je n'aurais pu
faire de meilleur choix. Mais en 1978 tout était incertain, j'avais l'impression de
quitter une route tranquille pour une folie. Cette folie a pris forme, et aujourd'hui elle
s'appelle Astrologie, une connaissance à laquelle je me consacre à plein-temps.
- Vous êtes né à Buenos-Aires, vous habitez au
Brésil. La culture astrologique est-elle différente dans les deux pays?
Oscar Quiroga - Elle n'est
pas très différente, si l'on considère que pour le grand public l'astrologie est une
astrologie profane. Peu à peu, et en raison du travail effectué par de nombreux
astrologues idéalistes qui voient dans cette connaissance une espèce
d'"upgrade" de l'esprit humain, le grand public commence à saisir ce qu'il y a
de pur et de sacré dans l'astrologie. Mais tout cela est encore timide, et il faudra
beaucoup d'années pour que l'Astrologie occupe la place qui est sienne au sein de la
culture.
- Et comment vous est venue l'idée d'écrire un
horoscope quotidien?
Oscar Quiroga - Je n'ai
pas cherché à écrire un horoscope quotidien. En fait, j'ai débuté comme nègre. A
l'époque, en 1986, je donnais des cours d'astrologie dans une école dirigée par une
femme à qui un journal avait demandé d'écrire un horoscope. Mais son style n'avait pas
plu. Elle avait essayé avec un autre astrologue, mais ses textes avaient également été
refusés.
Finalement, c'est tombé sur moi et j'ai accepté, considérant que
c'était un défi à relever, car traditionnellement les horoscopes des médias ne sont
pas bien vus des astrologues bien considérés. Et avec raison, car pour une bonne part,
les horoscopes des journaux relèvent de ce que j'appelle l'astrologie profane, et font
partie de la communication traitée avec beaucoup de légèreté par les médias.
J'ai pensé que le défi était intéressant, car cela pourrait
permettre d'initier les masses au caractère sacré de l'Astrologie, leur donner la
possibilité de découvrir des pistes sur les grandeurs cosmiques dont nous sommes faits.
En 1986 et 1987, comme je ne savais pas comment rédiger un
horoscope, je me suis inspiré de ce qui existait, et je signais du nom de la responsable
de l'école d'astrologie.
En 1988, j'en ai eu assez de suivre le même format que les autres,
et aussi de travailler comme nègre, et j'ai pris le risque d'écrire des textes plus
directs et existentiels. C'est vite devenu un énorme succès, et j'ai aussi commencé à
signer sous mon nom!
Ma plus grande fierté avec ces horoscopes a été d'avoir conduit
le grand public à porter un autre regard sur l'astrologie, un regard différent de celui
auquel les avaient habitués les profanes.
- Vous écrivez longtemps à l'avance?
Oscar Quiroga - En ce
moment, je n'écris jamais avec plus de quinze jours d'avance. Mais il y eut des périodes
où j'écrivais avec parfois deux mois d'avance. Je pense que le problème d'écrire avec
anticipation ou non n'est pas bien important en ce qui concerne un horoscope quotidien,
parce que j'essaie de communiquer non pas des prévisions, mais le mouvement fluide des
états animistes des êtres humains, en relation avec les mouvements planétaires. C'est
une sorte de météo, mais de météo animiste.
- Pourquoi les gens lisent-ils votre horoscope?
Oscar Quiroga - La
reconnaissance s'obtient en ne traitant pas les lecteurs comme des ânes déterminés par
de mystérieux mouvements planétaires. Mais en les considérant comme des êtres humains
confrontés à la colossale complexité de l'existence, en montrant dans les lignes de
l'horoscope, non seulement le miroir de la vérité, mais aussi que les choses sont
toujours bien plus grandes que les gens ne le croient.
Mon horoscope est thérapeutique, avec légèreté, car il signale
les chances de surmonter la complexité. Et philosophique car il indique les paramètres
qui permettent d'appréhender et de saisir ce qui ne semble pas avoir de solution.
- La connaissance astrologique a t-elle modifié
votre vision de la vie, de la religion?
Oscar Quiroga - J'ai
radicalement changé depuis que l'astrologie est entrée dans ma vie. L'astrologie est un
"upgrade", une chance réaliste d'observer les institutions terrestres à leur
véritable échelle, comme elles ont été créées. Comme nous avons peur de nous penser
comme des êtres cosmiques, nous octroyons des pouvoirs divins aux institutions, à
l'état, à l'église, aux relations, etc. .
L'astrologie est une possibilité réaliste de créer des liens
beaucoup plus vrais avec toutes les questions de la vie.
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